Risques et atténuation
| Risque | Probabilité | Gravité | Mesures en place | Risque résiduel |
|---|---|---|---|---|
| Fuite par Internet ou vers un service infonuagique | Faible | Élevée | Poste isolé d’Internet (Wi-Fi désactivé au niveau du BIOS, aucun câble réseau) ; modèles d’IA et transcription exécutés localement ; aucun envoi vers un service externe | Faible |
| Vol ou perte du poste | Faible | Élevée | Chiffrement intégral des disques (BitLocker) ; poste fixe dans un local privé ; durée de conservation courte | Faible |
| Conservation prolongée de l’enregistrement ou de la transcription | Faible | Élevée | Enregistrement détruit dès que sa transcription a réussi ; transcription détruite automatiquement 24 h après la consultation ; aucun document remis | Faible |
| Identification du client dans le récit du professionnel | Faible | Moyenne | Le professionnel ne dévoile pas l’identité de son client ; noms ou pseudonymes signalés retirés par filtre et jamais conservés ; fiche de cas désignée par des clés non reliées à une personne | Faible |
| Captation d’une séance sans consentement valide | Faible | Élevée | Consentement du client à l’enregistrement audio, à la consultation et à l’utilisation de l’IA obtenu au préalable ; captation lancée manuellement, séance par séance | Faible |
| Transfert de fichiers par support amovible | Faible | Moyenne | Transferts limités à la maintenance logicielle ; vérification d’intégrité (SHA-256) ; aucune donnée clinique ne quitte le poste par ce moyen | Faible |
| Hypothèse erronée produite par l’IA | Moyenne | Moyenne | Analyses présentées comme hypothèses de réflexion clinique, jamais comme conclusions ; le professionnel qui consulte demeure entièrement responsable de ses décisions et de son dossier | Faible |
Le tableau résume l’évaluation. Le détail, usage par usage et risque par risque, suit dans les sections 1 à 10.
Wilfred (analyste IA)
Analyse de séances et de récits cliniques sur un poste hors ligne : six usages en supervision, en consultation formelle et en enseignement.
- Organisation
- Cabinet de Sébastien Trinh, psychologue (OPQ 08630-99)
- Responsable
- Sébastien Trinh, responsable de la protection des renseignements
- Version
- 1.3
- Date
- 7 novembre 2026
- Système évalué
- Suite Wilfred, dans l’état
- Prochaine révision
- Chaque année, et à chaque changement majeur : nouveau modèle de langage (LLM), nouvel usage, changement des délais de conservation
Cette évaluation prolonge le dossier de présentation « Wilfred (analyste IA) », qui l’annonçait. Elle est fondée sur l’examen du code source de la suite.
- L’évaluation tient en une seule page ; une navigation par ancres mène à chaque section.
- Le tableau global des risques et de leur atténuation ouvre l’évaluation.
- Le contenu des sections 1 à 10 est celui de la version 1.2.
Les versions précédentes
- Le mot « modèle » est précisé partout en « modèle de langage (LLM) », pour qu’on ne le confonde pas avec une approche psychothérapeutique ou nosologique.
- L’audio est détruit dès que sa transcription a réussi, plutôt qu’après 24 heures (sections 4, 7 et 9).
- La fiche de continuité est effacée 90 jours après sa dernière conservation ; l’ouvrir ne prolonge plus ce délai, et un bouton « Renouveler le délai de destruction de 3 mois » ne s’active qu’à la demande du consultant (sections 1, 4, 7, 8 et 9).
- Un sixième usage : la continuité d’un cas entre consultations formelles, par une fiche de continuité chiffrée (sections 1, 2, 4, 7, 8 et 10).
- La position de l’Ordre sur les notes personnelles du psychologue (section 3).
- La tendance de l’IA à plaire, que Wilfred déplace sans la faire disparaître (section 5).
- Un risque R10 et une colonne U6 dans la matrice des risques (section 9).
1Synthèse et conclusion
Le dispositif technique de Wilfred est solide pour un traitement de renseignements de santé : poste isolé de tout réseau, disques chiffrés, application servie au seul poste, aucun sous-traitant, aucune communication du poste vers l’extérieur, journal sans contenu clinique. La principale fragilité n’est pas technique. Elle tient à la portée du consentement du client, qui doit nommer chaque fin poursuivie, et à la maîtrise de l’image de l’écran partagée en consultation. Le fichier Word des analyses, seule sortie de fichier, est réservé au matériel didactique.
La version 1.1 a ajouté un sixième usage : la continuité d’un cas entre consultations formelles. C’est la première conservation durable du poste. Elle porte sur une fiche abstraite, sans fait biographique, validée par le psychologue avant d’être écrite, chiffrée pour sa seule session Windows et effacée trois mois après sa dernière conservation, sauf renouvellement à la demande du consultant. Elle relève du régime des notes personnelles du psychologue, et non de l’anonymisation.
Verdict par usage
| Usage | Résiduel | Appréciation | |
|---|---|---|---|
| 1 | Récit capté en supervision ou en consultation, mode très rapide | Faible | Acceptable : le récit est traité sur le poste, l’analyse est lue à l’écran et détruite après 24 h. |
| 2 | Séance complète d’un stagiaire, mode complet | Modéré | Acceptable sous conditions : autorisation écrite du client qui nomme l’outil, entente avec le milieu de stage, consentement libre de l’étudiant. |
| 3 | Démonstrations de séances (audio seulement) | Faible | Acceptable pour des démonstrations jouées ou publiées avec consentement ; vérifier la licence de chaque enregistrement. Seul usage où le fichier Word des analyses peut sortir. |
| 4 | Récit capté en supervision ou en consultation et ajout d’un résumé de cas écrit, pour dépanner un professionnel | Modéré | Acceptable : l’analyse est montrée à l’écran et discutée ; aucun fichier Word n’est produit. |
| 5 | Séance complète d’un stagiaire et ajout d’un résumé de cas écrit, pour approfondir et enseigner | Modéré | Acceptable avec le consentement explicite du client, qui nomme l’outil et chaque fin, et une entente de supervision écrite avec l’étudiant. |
| 6 nouveau | Continuité d’un cas entre consultations formelles (fiche de continuité) | Modéré | Acceptable : fiche sans fait biographique, validée avant conservation, chiffrée, une seule par cas, effacée trois mois après sa dernière conservation, sauf renouvellement à la demande du consultant ; aucune table qui relie une clé à une personne. |
Consentement explicite. Tout matériel issu d’un client réel est couvert par son consentement écrit, qui nomme l’outil d’analyse local et chaque fin poursuivie : supervision, consultation, présentation à d’autres étudiants. En consultation formelle (usages 1, 4 et 6), le client du consultant n’est jamais nommé, ou ne l’est que sous un pseudonyme, comme le prévoit l’article 15, 6°, du Code.
2Objet et portée
L’évaluation porte sur la partie d’analyse de la suite Wilfred, « Wilfred (analyste IA) », dans les six usages suivants, et seulement ceux-là.
| Usage | Matériel | Mode d’analyse | Finalité |
|---|---|---|---|
| 1 | Récit capté par Wilfred pendant une rencontre de supervision ou de consultation formelle | Très rapide (premier passage, puis révision) | Orientation de départ discutée pendant la rencontre |
| 2 | Séance complète d’un étudiant ou stagiaire avec son client | Complet (chaîne par étapes) ; très complet en différé | Supervision de l’étudiant |
| 3 | Audio de démonstrations de séances d’intervention ou de psychothérapie, ou leur transcription | Tous modes, à l’unité ou en lot | Formation, mise au point, supervisions de groupe auprès de professionnels |
| 4 | Récit capté en supervision ou en consultation, et résumé de cas écrit joint au récit | Très rapide, complet ou très complet | Consultation formelle : aider un professionnel devant un cas complexe |
| 5 | Séance complète d’un stagiaire et résumé de cas écrit | Complet, très complet | Approfondissement clinique et enseignement auprès d’étudiants |
| 6 | Analyses d’un récit capté en consultation formelle, et fiche de continuité du même cas | Tous ; extraction de la fiche et mise en regard par le modèle de langage (LLM) local | Reprendre un même cas d’une consultation à l’autre, selon une perspective différente |
Méthode : examen du code de la suite, du dossier de présentation (version 1.3 du 6 novembre 2026) et des journaux de développement ; identification des renseignements à chaque étape ; appréciation de chaque risque par sa probabilité et sa gravité, avant et après les mesures. Les réglages décrits sont ceux que le programme prévoit.
3Cadre juridique et déontologique
Régime applicable : la LRSSS
Le cabinet d’un psychologue est un organisme du secteur de la santé et des services sociaux : l’annexe II de la Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux (LRSSS, RLRQ c. R-22.1) vise la personne qui exploite un cabinet privé de professionnel. Les renseignements de santé du client relèvent donc de la LRSSS.
La Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé (LPRPSP) s’applique aux autres renseignements personnels, par exemple ceux qui concernent le supervisé, le consultant ou l’étudiant.
| Texte | Disposition | Portée pour Wilfred |
|---|---|---|
| LRSSS (R-22.1) | Art. 2 (renseignement de santé et de services sociaux), art. 4 et annexe II (organismes), art. 99 (responsable), art. 103 (registre des communications), art. 105 (politique de gouvernance), art. 106 (EFVP d’un produit ou service technologique), art. 111 (destruction ou anonymisation) | Fonde l’obligation de la présente évaluation ; impose une politique de gouvernance et un registre des communications ; encadre la destruction. |
| LPRPSP (P-39.1) | Art. 3.1 (responsable), 3.2 (politiques), 3.3 (EFVP), 3.5 à 3.8 (incidents), 8 et 8.1 (transparence, profilage), 12 et 12.1 (fins, décision automatisée), 17 (hors Québec), 23 (destruction, anonymisation) | Régime des renseignements personnels autres que de santé (supervisés, consultants, étudiants). |
| Règlement sur l’anonymisation des renseignements personnels | Critères d’individualisation, de corrélation et d’inférence ; analyse des risques de réidentification ; réévaluation | Fonde la thèse C1–C5 du dossier de présentation (analyses tenues pour anonymisées sous conditions). Ne s’applique pas à la fiche de continuité, qui reste dépersonnalisée. |
| Règlement sur les incidents de confidentialité | Registre des incidents ; avis à la Commission et aux personnes en cas de risque de préjudice sérieux | Un registre est à tenir, même si aucun incident n’est survenu. |
| Code de déontologie des psychologues (C-26, r. 212) | Art. 15 (5° autorisation écrite d’enregistrer, usage ultérieur ; 6° supervision et consultation) ; art. 18 (prévention d’un acte de violence) ; art. 58, 59, 76, 77 (déclarations publiques) | Fonde le consentement à l’enregistrement et les engagements de l’offre. |
L’Ordre des psychologues du Québec a confirmé qu’un psychologue peut tenir un cahier de notes personnelles, à la condition que rien, pas même des initiales, ne permette d’identifier le client, et qu’il peut y employer un code. L’usage 6 s’appuie sur cette position : la fiche de continuité est rattachée à un cas par des clés arbitraires, ne contient aucun fait biographique, et aucune table qui relie une clé à une personne n’existe sur le poste.
La fiche n’en demeure pas moins un renseignement dépersonnalisé au sens de la loi, puisque les clés permettent de la rattacher à un cas. Elle est traitée comme un renseignement personnel : chiffrée, conservée pour une durée bornée, et limitée à la finalité de la consultation.
Profilage. Les grilles nosologiques formulent des hypothèses, que le professionnel valide ou invalide. Elles visent à alimenter la réflexion clinique, non à poser un diagnostic.
Décision automatisée. Aucune décision n’est prise par Wilfred : le professionnel retient ou écarte chaque analyse, et valide chaque fiche de continuité avant qu’elle soit conservée, ce qui écarte l’art. 12.1 de la LPRPSP et son équivalent de la LRSSS.
4Le système et ses flux
Wilfred est une application locale écrite dans la seule bibliothèque standard de Python, servie à l’adresse 127.0.0.1 d’un poste Windows isolé de tout réseau. La transcription (Faster-Whisper) et le modèle de langage (LLM, servi par Ollama) tournent sur le poste. Le code est développé sur une autre machine et transféré par une clé dédiée, vérifié par empreinte SHA-256.
| Étape | Moyen | Ce qui se passe |
|---|---|---|
| Entrée | Captation ou fichier | Micro du poste ; fichier audio, .txt ou .srt déposé ; document joint au récit ; répertoire en lot. Aucune image n’entre dans la suite. |
| Transcription | Whisper local | Segments de 5 minutes, verbatim horodaté, version compacte. |
| Analyse | Modèle de langage (LLM) local | Thème, aiguillage, chaîne d’étapes, synthèse ; vérification en mode très complet. |
| Lecture | À l’écran | L’analyse est lue et discutée oralement. |
| Continuité nouveau | Coffre chiffré (DPAPI) | En consultation formelle seulement : une fiche de continuité tirée des analyses par le modèle de langage (LLM) local, relue par un filtre déterministe, validée par le psychologue, puis chiffrée pour sa session Windows. À la consultation suivante, elle est mise en regard des nouvelles analyses ; cette mise en regard est lue à l’écran, jamais écrite. |
| Sortie régulière | Image de l’écran | En consultation formelle, la sortie vidéo du poste passe par une carte de capture Elgato Cam Link 4K, branchée en USB sur le poste de téléconsultation. L’image s’affiche dans l’application Caméra de Windows et est montrée au consultant par la fonction « Partager » de Zoom. Aucun fichier n’est transféré. |
| Sortie didactique | Fichier Word des analyses | Pour une lecture plus agréable et la révision des analyses par le professionnel. Réservé au matériel didactique, par exemple l’analyse de démonstrations ; jamais pour les clients des supervisés, des professionnels consultants ou du cabinet. Gardé 24 h sur le poste. |
| Destruction | Purge et expiration | audio vidé dès que sa transcription a réussi ; 24 h ou 20 jours selon la catégorie de données pour le reste ; fiche de continuité effacée 90 jours après sa dernière conservation, sauf renouvellement à la demande du consultant. |
Le traitement se fait sur le poste, dans la zone clinique chiffrée (D:\clinique\en_cours) ; les fiches de continuité sont rangées à côté, dans D:\clinique\continuite, hors du cycle de la zone transitoire. Le poste n’a aucune connexion réseau ; l’image partagée par Zoom passe par le poste de téléconsultation, qui est distinct.
5Modes d’analyse
Le professionnel choisit le mode au moment de partir l’analyse. Les trois modes traitent le même matériel, sur le poste ; ils diffèrent par la profondeur de la lecture et par le temps requis.
| Mode | Fonctionnement | Usages |
|---|---|---|
| Très rapide | Un premier passage, en un seul appel, sur le socle du corpus de l’approche, avec un modèle de langage (LLM) plus petit ; une révision par le modèle de langage (LLM) principal le remplace ensuite. | Orientation de départ, pendant la rencontre (usages 1, 4 et 6) |
| Complet | Analyse par étapes : thème du matériel, aiguillage vers l’approche, chaîne d’étapes appuyée sur les fichiers du corpus, puis synthèse. Une séance longue est lue par fenêtres successives. | Supervision et approfondissement (usages 2, 4, 5 et 6) |
| Très complet | Le mode complet, avec le corpus relu en entier, une fenêtre de lecture élargie, l’examen d’une seconde approche plausible et une relecture finale de vérification. Plus long, il s’exécute en différé. | Approfondissement d’un cas complexe (usages 2, 4, 5 et 6) |
Dans tous les modes, le déroulement est décidé par le programme ; le modèle de langage (LLM) ne fait qu’interpréter le matériel. Les analyses sont des hypothèses de travail que le professionnel retient ou écarte. Dans l’usage 6, la fiche de continuité n’entre jamais dans l’analyse : la nouvelle captation est analysée à l’aveugle, puis mise en regard de la fiche.
Wilfred ne fait pas disparaître la tendance de l’IA à plaire, il la déplace. L’IA cherche toujours à satisfaire la demande. Mais la demande que Wilfred lui fait, c’est d’être fidèle à un corpus, de garder l’attribution des positions et de ne pas trancher entre elles. La satisfaction se mesure alors par rapport à l’approche, et non par rapport au clinicien.
Ce déplacement s’appuie sur la consigne fixe (le clinicien ne pose au modèle de langage (LLM) aucune question orientée avant l’analyse), sur le corpus comme seule référence demandée et sur un déroulement décidé par le script, sans relance. Il a ses limites : le récit d’un supervisé ou d’un consultant porte déjà sa propre lecture du cas ; le mode de questions sur une analyse livrée rouvre un échange où la demande du clinicien revient au premier plan ; la consigne pousse à toujours trouver quelque chose ; et la fidélité au corpus n’est pas garantie.
6Personnes concernées et renseignements
| Personne | Usages | Renseignements | Sensibilité |
|---|---|---|---|
| Client du supervisé ou du professionnel consultant (absent) | 1, 2, 4, 5, 6 | Récit de sa situation, verbatim de séance, résumé de cas, antécédents, dynamique relationnelle, risque ; dans l’usage 6, hypothèses et formulation de son cas, sans fait biographique | Très élevée — santé mentale |
| Supervisé, consultant ou étudiant | 1, 2, 4, 5, 6 | Sa voix, ses propos, ses interventions, ce qu’il vit avec son client, l’appréciation implicite de sa pratique ; dans l’usage 6, la clé qui le désigne, sans le nommer | Moyenne à élevée — évaluation, lien de dépendance |
| Tiers cités (famille, employeur, autres soignants) | 1, 2, 4, 5 | Mentions dans le récit ou le verbatim | Moyenne |
| Personnes entendues dans une démonstration | 3 | Voix et propos, souvent un cas joué ; parfois un vrai patient ayant consenti à la diffusion. Aucune image. | Faible si joué ; élevée si réel |
| Le superviseur | Tous | Sa voix et ses interventions dans la captation | Propre |
Aucun identifiant direct n’est requis par le programme : les consignes désignent toujours « le client » et le nom d’un fichier chargé n’est pas écrit sur le disque. La voix, en revanche, est une donnée d’identification, et le verbatim peut permettre une identification indirecte : ces données restent des renseignements personnels. Les tiers cités n’entrent jamais dans une fiche de continuité.
7Cycle de vie des renseignements
Le tableau décrit ce que le programme prévoit. Les délais ne visent que les copies traitées sur le poste ; la conservation du dossier du client relève de son psychologue.
| Données | Où | Délai | Remarque |
|---|---|---|---|
| Audio capté (segments .wav et mémos vocaux) | Dossier de la période | Dès la transcription réussie ; à défaut, 24 h | Vidé aussitôt transcrit ; sinon purge automatique |
| Texte horodaté des segments (.srt) | Dossier de la période | 24 h | Purge automatique |
| Transcriptions (segments, séance, récit, extraits) et document joint au récit | Dossier de la période | 24 h | Purge automatique |
| Analyses (approches, grilles, comparaisons, parcours, anamnèse ; premier passage du très rapide) | Période, matériels chargés, lots | 24 h | Purge automatique |
| Fichier Word des analyses (matériel didactique seulement) | Dossier des analyses | 24 h | Sortie didactique |
| Données de travail (carte de séance, relevés de fenêtres, agrégats), mémos, états | Période, analyses de séance | 20 jours | Purge automatique |
| Enregistrements déposés pour analyse et leurs transcriptions | a_analyser | 24 h après dépôt | Purge automatique |
| État d’un lot : identifiants neutres et états, aucun nom de fichier | lots\…\etat.json | 20 jours | Purge automatique |
| Trace des aiguillages : date, corpus, approche retenue, incertitude | aiguillages.jsonl | 20 jours | Purge automatique |
| Journal de fonctionnement | Dossier de la période | 20 jours | Événements et nombres seulement ; aucune clé de continuité |
| Fiche de continuité nouveau : hypothèses, formulation, mécanismes, questions ouvertes | D:\clinique\continuite, chiffrée (DPAPI) | 90 jours après la dernière conservation, renouvelable à la demande du consultant | Effacement automatique ; l’ouvrir ne prolonge pas le délai ; bouton « Renouveler le délai de destruction de 3 mois » ; « Oublier ce cas » ; une seule fiche par cas, réécrite |
| Brouillon d’une fiche de continuité, avant validation | Mémoire de l’application | Jusqu’à la validation ou au refus | Rien sur le disque |
| Mise en regard d’une fiche et des nouvelles analyses | Aucune copie sur le poste | — | Affichage seulement |
| Image de l’écran partagée en consultation | Aucune copie sur le poste | — | Affichage seulement |
| Fichiers sources hors de la suite (clé, répertoire d’un lot, courriel du consultant) | Hors de Wilfred | Aucun | Destruction manuelle |
La clé du consultant et la clé du cas comptent chacune quatre caractères tirés au hasard (chiffres et lettres majuscules, sans 0, O, 1, I ni L). Wilfred ne garde que l’empreinte du couple, qui nomme le fichier de la fiche. La clé du consultant est gardée au dossier du psychologue consulté ; la clé du cas, au dossier du consultant. Aucune table qui relie une clé à une personne n’existe sur le poste, et l’index n’offre aucun champ libre.
8Analyse des six usages
Usage 1 — Récit capté en supervision ou en consultation formelle, mode très rapide
Initial Modéré → Résiduel Faible
- Pendant la rencontre, le superviseur démarre la captation du récit.
- Transcription locale, puis premier passage très rapide (socle du corpus, un appel), puis révision.
- L’analyse est lue à l’écran et discutée ; en consultation formelle, elle est montrée au consultant par la carte de capture et le partage d’écran de Zoom.
- Supervision ou consultation entre psychologues (Code, art. 15, 6°).
- L’image de l’analyse transite par Zoom pendant le partage d’écran (R4).
- Le premier passage utilise un modèle de langage (LLM) plus petit : risque d’inexactitude accru, compensé par la révision (R6).
- Zoom avec chiffrement de bout en bout, sans enregistrement infonuagique de la rencontre.
- Lecture critique explicite de l’analyse avant toute discussion.
Usage 2 — Séance complète d’un étudiant ou stagiaire, mode complet
Initial Élevé → Résiduel Modéré
La séance analysée est celle de l’étudiant avec son client, enregistrée avec l’autorisation écrite de ce dernier, puis captée ou déposée dans Wilfred et analysée par la chaîne complète en vue de la supervision. Si la rencontre de supervision est elle-même captée, les mesures de l’usage 1 s’y ajoutent.
- Autorisation écrite du client pour l’enregistrement et son usage ultérieur (Code, art. 15, 5°), qui nomme l’outil d’analyse local (annexe C du dossier).
- Consentement de l’étudiant à ce que sa pratique soit analysée.
- Si le stage se déroule dans un établissement du réseau, ses propres règles sur la sortie des enregistrements.
- Verbatim complet : la voix du client et de nombreux détails de sa vie (R1).
- Données de travail avec extraits gardées 20 jours (R2).
- Lien de dépendance : l’étudiant peut se sentir obligé d’accepter l’enregistrement ou l’analyse (R7).
- Enregistrement transmis hors d’un canal sûr, ou conservé par l’étudiant sur un appareil personnel (R4).
- Entente de supervision écrite : refus possible sans effet sur l’évaluation, finalité limitée à la supervision, destruction.
- Entente avec le milieu de stage avant tout enregistrement en établissement.
- Remise de l’enregistrement par support chiffré, en main propre ; destruction confirmée par l’étudiant.
- L’analyse est lue et discutée avec l’étudiant ; elle ne lui est pas remise.
Usage 3 — Démonstrations de séances (audio seulement)
Initial Modéré → Résiduel Faible
- Seul l’audio d’une démonstration, ou sa transcription (.srt), est chargé, à l’unité ou en lot ; aucune image n’entre dans la suite.
- Les analyses servent à la mise au point de l’outil, à la formation et aux supervisions de groupe par vidéos auprès de professionnels qualifiés.
- Les analyses peuvent être sorties dans un fichier Word, pour une lecture plus agréable et leur révision : c’est le seul usage où une sortie de fichier est prévue.
- Démonstration jouée par des acteurs : aucun renseignement de santé réel.
- Démonstration avec un vrai patient : son consentement à la diffusion pour la formation ; il demeure un renseignement personnel même publié.
- Licence de l’enregistrement : l’usage doit être permis par son éditeur.
- Confondre une démonstration réelle avec une démonstration jouée, et en diffuser des analyses (R5).
- Mélanger matériel de démonstration et matériel clinique dans un même lot (R2).
- Sortir dans un fichier Word l’analyse d’une démonstration avec un vrai patient sans que sa diffusion le permette (R5).
- Registre simple des démonstrations utilisées : source, licence, joué ou réel.
- Lots de démonstration dans un répertoire distinct, aux noms neutres.
- Fichier Word produit seulement pour une démonstration inscrite au registre.
Usage 4 — Récit capté en supervision ou en consultation et ajout d’un résumé de cas écrit, pour dépanner un professionnel
Initial Élevé → Résiduel Modéré
- En consultation formelle, le professionnel expose un cas complexe ; il apporte un résumé écrit, joint au récit dans Wilfred.
- Le résumé est lu comme complément du récit, jamais confondu avec la séance.
- Le récit et le résumé sont analysés en mode très rapide pendant la rencontre, ou en mode complet ou très complet pour approfondir le cas.
- L’analyse est montrée au consultant à l’écran, par la carte de capture et le partage de Zoom. Aucun fichier Word n’est produit.
- Consultation entre psychologues (Code, art. 15, 6°).
- Le résumé arrive par un canal externe (courriel, clé) et y reste (R4).
- L’image de l’analyse transite par Zoom pendant le partage d’écran (R4).
- Remise du résumé en main propre, sur papier ou support chiffré ; jamais par courriel ordinaire.
- Zoom avec chiffrement de bout en bout, sans enregistrement infonuagique.
Usage 5 — Séance complète d’un stagiaire et ajout d’un résumé de cas écrit, pour approfondir et enseigner
Initial Élevé → Résiduel Modéré
- L’étudiant filme ses séances, avec le consentement explicite du client, et apporte un résumé de cas écrit. Seul l’audio entre dans la suite.
- La séance complète et le résumé sont analysés en mode complet ou très complet.
- Le superviseur s’en sert pour relever les manques dans l’intervention, approfondir le cas avec l’étudiant et enseigner.
- L’enregistrement des séances est une pratique courante, sinon recommandée, de la supervision de stagiaires : il fait partie du service offert par un étudiant sous supervision.
- Consentement explicite et écrit du client (Code, art. 15, 5°), qui nomme l’outil d’analyse local et les fins poursuivies.
- L’engagement du dossier de présentation sur le matériel fictif vise les supervisions de groupe par vidéos auprès de professionnels qualifiés, non la supervision des étudiants.
- Le traitement par un modèle de langage (LLM) local, isolé d’Internet, est plus sûr qu’un service en ligne : aucune communication, aucun sous-traitant, aucune sortie du Québec.
- Verbatim complet et résumé écrit réunis : davantage de détails qui permettent d’identifier le client (R1).
- Si la séance est présentée à d’autres étudiants d’un même milieu, le client peut être reconnu (R1).
- Lien de dépendance : l’étudiant peut se sentir obligé d’accepter l’analyse de sa pratique (R7).
- Enregistrement conservé par l’étudiant sur un appareil personnel (R4).
- Le consentement précise chaque fin : supervision de l’étudiant et, le cas échéant, présentation à d’autres étudiants.
- Entente de supervision écrite : refus possible sans effet sur l’évaluation, destruction de l’enregistrement.
- Enregistrement et résumé remis sur support chiffré, en main propre.
- L’analyse de Wilfred est lue et discutée ; elle n’est pas versée dans un support de cours, et aucun fichier Word n’est produit.
Usage 6 — Continuité d’un cas entre consultations formelles nouveau
Initial Élevé → Résiduel Modéré
- Première consultation : le récit du consultant est capté et analysé comme dans les usages 1 et 4. Wilfred génère une clé de quatre caractères pour le consultant, que le psychologue consulté garde au dossier de ce consultant, et une clé pour le cas, que le consultant garde dans son propre dossier.
- En fin de consultation, le modèle de langage (LLM) local tire des analyses une fiche abstraite : hypothèses retenues, formulation ou dyade, mécanismes, questions ouvertes. Un filtre déterministe retire les nombres, les dates, les adresses de courriel, les numéros de téléphone, les termes d’une liste extensible (professions, lieux) et les noms ou le pseudonyme indiqués pour la séance ; il signale les mots à majuscule à vérifier.
- Le psychologue lit le texte exact, le corrige, puis le conserve ou le refuse. La fiche validée est chiffrée et remplace la précédente : une seule fiche par cas.
- À la consultation suivante, les deux clés sont entrées ; Wilfred affiche la date de la fiche, et le psychologue confirme. La nouvelle captation est analysée à l’aveugle, puis mise en regard de la fiche ; cette mise en regard est lue à l’écran et n’est pas écrite.
- La fiche est effacée 90 jours après sa dernière conservation, ou sur demande (« Oublier ce cas »). L’ouvrir ne prolonge pas ce délai ; le psychologue ne le renouvelle, par le bouton « Renouveler le délai de destruction de 3 mois », qu’à la demande du consultant qui prévoit avoir besoin de la fiche.
- Consultation entre psychologues (Code, art. 15, 6°) : le client du consultant n’est jamais nommé, ou ne l’est que sous un pseudonyme ; son consentement n’est pas requis, comme en consultation formelle.
- Position de l’Ordre des psychologues du Québec sur les notes personnelles : un cahier où rien, pas même des initiales, ne permet d’identifier le client, et où un code peut être employé.
- La fiche est un renseignement dépersonnalisé, et non anonymisé : la thèse C1–C5 ne s’y applique pas.
- Un ensemble de faits cliniques, conservé trois mois, pourrait rendre le cas reconnaissable (R1).
- Première conservation durable du poste (R2).
- Accès à la fiche par une session ouverte ou par une copie du fichier (R3).
- La fiche ou la mise en regard montrée au consultant transite par Zoom pendant le partage d’écran (R4).
- Les hypothèses de la semaine précédente orientent la lecture du nouveau matériel (R6).
- Une clé mal saisie rattache le récit à la fiche d’un autre cas (R10).
- Si le mot de passe de la session Windows est réinitialisé par un administrateur, les fiches deviennent illisibles : perte assumée, la fiche étant jetable par nature.
- Consigne d’extraction sans fait biographique ; filtre déterministe ; validation du texte exact par le psychologue avant toute écriture ; le pseudonyme n’entre jamais dans la fiche, qui dit « le client ».
- Une seule fiche par cas, réécrite ; effacement automatique 90 jours après la dernière conservation, renouvellement seulement à la demande du consultant ; « Oublier ce cas ».
- Chiffrement de la fiche par la DPAPI de Windows, pour la seule session du psychologue sur ce poste, en plus de BitLocker ; toute altération rend la fiche illisible ; jamais de repli en clair.
- Clés arbitraires ; aucune table qui relie une clé à une personne ; aucun champ libre ; aucune clé au journal.
- Analyse à l’aveugle avant la mise en regard ; mise en regard affichée, jamais écrite.
- Date de la fiche affichée et confirmée avant toute mise en regard ; clé de cas propre au consultant ; clé du consultant vérifiée au registre.
9Matrice des risques
Niveau résiduel, après les mesures décrites pour chaque usage, pour chaque risque et chaque usage.
| Risque | U1 | U2 | U3 | U4 | U5 | U6 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| R1 Réidentification indirecte par les détails du matériel | Faible | Modéré | Faible | Modéré | Modéré | Modéré |
| R2 Conservation excessive (traces, fichiers hors zone) | Faible | Faible | Faible | Modéré | Modéré | Faible |
| R3 Accès non autorisé au poste (vol, session ouverte) | Faible | Faible | Faible | Faible | Faible | Faible |
| R4 Fuite par les canaux d’entrée et de sortie (clé, courriel, partage d’écran) | Faible | Modéré | Faible | Modéré | Modéré | Modéré |
| R5 Usage secondaire non autorisé (diffusion, publicité) | Faible | Faible | Faible | Faible | Modéré | Faible |
| R6 Inexactitude et effet d’ancrage sur le jugement clinique | Modéré | Modéré | Faible | Modéré | Modéré | Modéré |
| R7 Consentement insuffisant ou non libre | Faible | Modéré | Faible | Faible | Modéré | Faible |
| R8 Matériel réel traité par un modèle de langage (LLM) en ligne (hors Québec) | Faible | Faible | Faible | Faible | Faible | Faible |
| R9 Incident non détecté ou non déclaré | Faible | Faible | Faible | Faible | Modéré | Faible |
| R10 Fiche rattachée au mauvais cas (clé mal saisie) nouveau | — | — | — | — | — | Faible |
Mesures en place
| Risque | Mesures |
|---|---|
| R1 | Consignes qui désignent « le client » ; nom d’un fichier chargé jamais écrit ; journal sans contenu clinique ; destruction après 24 h. Fiche de continuité : extraction sans fait biographique, filtre déterministe, validation du texte exact, pseudonyme jamais conservé. |
| R2 | Délais de 24 h et de 20 jours par catégorie, appliqués par la purge ; dossier a_analyser et fichiers Word des analyses compris. Fiche de continuité : une seule par cas, effacée 90 jours après sa dernière conservation, sauf renouvellement à la demande du consultant. Audio vidé dès que sa transcription a réussi. |
| R3 | BitLocker XTS-AES avec module de plateforme sécurisée et NIP ; démarrage sécurisé ; micrologiciel protégé ; interface sur 127.0.0.1. Fiche de continuité chiffrée en outre par la DPAPI, pour la seule session du psychologue. |
| R4 | Poste sans réseau ; clé dédiée, analysée, empreintes SHA-256 ; sortie régulière par l’image seulement (Elgato Cam Link 4K), sans transfert de fichier ; fichier Word réservé au matériel didactique. |
| R5 | Analyses discutées, non remises ; fichier Word réservé au matériel didactique ; supervisions de groupe auprès de professionnels sur matériel fictif ou de démonstration. |
| R6 | Déroulement décidé par le script ; règles et extraits vérifiés ; divergences conservées ; statut de brouillon affiché ; grilles présentées comme des hypothèses à valider ; demande faite au modèle de langage (LLM) d’être fidèle au corpus plutôt qu’au clinicien. Usage 6 : analyse à l’aveugle avant la mise en regard. |
| R7 | Clause d’autorisation qui nomme l’outil local (annexe C du dossier). |
| R8 | Modèle de langage (LLM) local ; poste sans réseau ; aucun module en ligne installé sur le poste clinique. |
| R9 | Journal horodaté ; état du système avec empreinte du code ; incidents affichés à l’écran. |
| R10 | Date de la fiche affichée et confirmée avant usage ; clé de cas propre au consultant ; clé du consultant vérifiée au registre ; caractères ambigus exclus des clés. |
10Décision et approbation
Sous réserve de la condition préalable de la section 1, les six usages présentent un risque résiduel acceptable au regard de la sensibilité des renseignements, de l’isolement du poste et de la sobriété du traitement. Pour les usages 2 et 5, ce niveau suppose le consentement explicite du client, qui nomme l’outil et chaque fin poursuivie. Pour l’usage 6, il suppose que chaque fiche de continuité soit relue et validée par le psychologue avant d’être conservée.
Responsable de la protection des renseignements — Sébastien Trinh, psychologue
Dossier de présentation « Wilfred (analyste IA) », version 1.3, 6 novembre 2026 ; code de la suite Wilfred ; LRSSS, RLRQ c. R-22.1 (annexe II) ; définition du cabinet privé de professionnel (LSSSS, art. 95) ; LPRPSP, RLRQ c. P-39.1 ; Code de déontologie des psychologues, RLRQ c. C-26, r. 212 ; position de l’Ordre des psychologues du Québec sur les notes personnelles du psychologue, confirmée au responsable.

